BURN IN HELL

Selon des croyances ancestrales et des rites barbares, ces types de Melbourne fagotés comme des as de pique pratiqueraient une musique allant de l’industriel au cabaret, de Chopin au chaos. Semi-boutade. Le trio devenu quatuor (enrichi d’un homme à tout faire : planche à repasser, didgeridoo en carton, banjo, mandoline) dissimule précieusement l’accès de son univers.

Obligeant à pousser la barrière pour mieux s’y installer. B.I.H. est porté à bout de bras par le virtuose Gary Hallenan, un pianiste foudroyant à la formation classique ajustée aux bastringues du sud, et par les textes fulgurants de Glenn Burns, le chanteur principal et guitariste, qui allie poésie et cartes postales rapportées du fond de sa mémoire. Les souvenirs sont tenaces. B.I.H. laisse place à l’imagination dans son architecture musicale.

La notion de générosité a un sens pour lui.
C’est sur scène qu’on découvre réellement ce groupe, dissimulé sous un camouflage punk. Derrière le clavier qui fait office d’accordéon à l’occasion, Gary Hallenan est un astre céleste. Il captive l’audience avec une aisance incroyable pour une exécution faussement baltringue. Evan Richards et sa batterie bricolée sont la courroie de transmission du manège enchanté. Sa voix caverneuse à la Tom Waits s’abat parfois sur le spectateur comme la vérole sur le bas-clergé.

Burn In Hell est un cocktail molotov composé de 2/3 de Tom Waits (comme Dead Brothers et Delaney Davidson) pour la teinte country-blues et 1/3 de Pogues pour le côté folk-punk.